Volontaire au Bénin : « L’année la plus enrichissante à mes yeux »

Aurélie a été envoyée en mission de volontariat au Bénin. Pendant un an, elle y a exercé son métier d’éducatrice spécialisée dans un centre au nord du pays accueillant des enfants en situation de grande précarité. Un volontariat riche sur le plan professionnel et personnel et particulièrement bénéfiques pour ces enfants.

La structure d’accueil : un centre pour enfant en situation de grande précarité

À Natitingo dans le nord du Bénin, j’ai été accueilli au sein du Centre d’Accueil et de Protection de l’Enfant (CAPE) « Le Bon Samaritain ». Ce centre accueille des enfants en situation de grande précarité : des enfants orphelins, des enfants de la rue, des filles issues de mariage forcé, des enfants issus de la traite, des enfants maltraités, etc. Il est dirigé par le Pasteur Sakoura, qui porte fièrement ce projet depuis plus de 30 ans.

La structure n’ayant pas de partenariat fixe ni de financement interne ou externe au pays, un fort besoin humain est nécessaire pour pallier cette problématique. Et ainsi les accompagner dans cette lutte contre la précarité et dans la promotion de la protection des enfants du Bénin.

C’est dans ce sens que j’ai intégré le CAPE en tant qu’éducatrice spécialisée, et que j’ai eu la chance de rencontrer 50 enfants âgés de 7 à 20 ans durant une année.

Trois filles du centre déguisées avec un masque dessiné sur le visage.

Ma mission d’éducatrice spécialisée

J’ai participé au temps du quotidien des enfants, et mis en place des projets en fonction des besoins que j’ai repérés. Des activités ludiques pour les plus petits, la gestion de l’hygiène corporelle, les premiers soins infirmiers, des cours de français et mathématiques de façon hebdomadaire pour les CM2 passant un diplôme en fin d’année en vue d’intégrer le collège, du soutien scolaire, ainsi que la formation de nos jeunes apprenties couturières à la création de protections hygiéniques lavables. Voilà des missions riches qui m’ont permis de créer un lien privilégié avec tous ces enfants.

Même si réussir à transmettre tant de choses sans ressource financière ni matérielle n’a pas toujours été un exercice facile.

Des femmes cuisinent à l'extérieur à même le sol.

J’ai rencontré de nombreuses personnes avec qui j’ai pu collaborer. Et ainsi pu en faire bénéficier les enfants pour développer leur bien-être et les projets qui me semblaient répondre à leurs besoins. Il a été important pour moi de mutualiser les contacts que j’avais avant mon arrivée au Bénin, et pendant mon séjour. J’ai ainsi pu développer le travail en partenariat, une des missions indispensables d’un éducateur.

Consciente que tout ne peut être maintenu après mon départ, j’ai tenté d’améliorer à mon échelle le quotidien de ces enfants.

Cinq garçons du centre se sont colorés le visage en blanc avec de la farine ou du talc et font des grimaces.

Un engagement riche

J’ai vécu des moments simples, avec des personnes généreuses et reconnaissantes de petits gestes. Ce fut une année basée sur l’échange, la découverte, la rencontre et la générosité. L’année la plus enrichissante à mes yeux.

Tous à leur manière ont su me toucher par leur générosité, leurs sourires, leur affection, leurs façons de m’intégrer à la culture africaine et à leur grande famille.

Assurément, le volontariat est un engagement tant professionnel que personnel, qui m’a permis de voir le monde différemment et qui a su me questionner sur le sens de mes priorités.

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Un enfant dans une piscine vide sourit.
Un enfant tenant un brassard sourit.