Récit de volontaires
Décembre 2025
Kebalo, Priya et Sarah partagent leurs expériences et leurs découvertes pendant les fêtes de Noël.
Quitter son pays, c’est aussi apprendre à vivre différemment les moments forts de l’année. Kebalo, Priya et Sarah, volontaires en France, partagent leurs expériences et leurs découvertes pendant les fêtes de Noël.
Kebalo et les gestes qui apaisent en cette période de noël
Kebalo est originaire du Togo. Titulaire d’un diplôme d’agronome, il vit aujourd’hui une expérience de volontariat international de réciprocité à l’abbaye de la Pierre-qui-Vire, au cœur du Morvan. Précédemment, il a effectué un service civique dans le Sud de la France. Chrétien laïque, il a toujours accordé une importance particulière à la période de Noël.
Son premier noël en France fut pour lui un moment singulier. Loin de sa famille et de son pays, il a été invité à célébrer la fête dans la famille d’une collègue de travail, entouré de proches et d’autres volontaires togolais. Il se souvient de cette veillée comme d’un moment d’une grande chaleur humaine : l’ambiance festive, la table abondante, les rires et le partage ont profondément marqué son esprit.
« Au Togo, explique-t-il, Noël se vit autrement. On va à la messe, puis on partage un repas simple — souvent du foufou (purée d’igname) avec une soupe ou du riz — avant de retourner à ses activités. Le côté festif n’existe que dans les familles aisées. »
Ce qui l’a le plus touché, ce sont les gestes de bienveillance dont il a été l’objet : une accolade, un baiser, une caresse sur l’épaule.
« Ces marques d’affection sont rares chez nous, même entre parents et enfants adultes. Ici, j’ai compris que ces gestes, aussi simples soient-ils, portent une vraie force. Ils transmettent l’amour, le respect, la présence. Ils guérissent. »
L’année suivante, Noël, Kebalo l’a vécu d’une autre manière, plus intime. Il l’a fêté avec les moines de l’abbaye : une messe, un repas simple partagé, et un temps de contemplation et de silence. Il a« célébré Noël dans la paix et la gratitude. »

Pryia, « la lumière unit les gens »
Originaire d’Inde, Priya a passé une année en France dans le cadre d’un volontariat international de réciprocité, au siège de la DCC. Pendant les fêtes de Noël, elle a choisi de découvrir l’Europe du Nord : Strasbourg, Berlin, Bruxelles… autant de villes qu’elle rêvait de visiter, avec leurs marchés de Noël scintillants et leurs spécialités gourmandes.
«C’était la première fois que je vivais Noël loin de l’Inde. Avec d’autres volontaires indiens, nous avons voyagé, visité des églises, et assisté à la messe de Noël en Allemagne. La célébration était en allemand, difficile à comprendre, mais l’ambiance, la musique et les chants m’ont profondément touchée. »
À Paris, Priya a aussi décoré sa chambre et le foyer où elle loge : guirlandes, bougies, lumières… Des gestes simples qui lui rappelaient Diwali, la grande fête des lumières en Inde.
« Diwali, c’est un peu notre Noël à nous. On décore les maisons, on allume des lampes, on s’offre des cadeaux et on tire des feux d’artifice. C’est une fête de joie, de lumière et de renouveau. »
Ce qui l’a le plus marquée, c’est la chaleur spirituelle du Noël européen : la convivialité des repas, la beauté des chants, le silence recueilli des églises illuminées.
« Même si tout m’était nouveau, j’ai ressenti la même énergie que pendant Diwali : celle de la lumière qui unit les gens, au-delà des religions et des frontières. »

Sarah, retrouver ses traditions dans un nouvel environneemnt
Sarah, originaire d’Équateur a vécu deux années en France. Volontaire, elle a fêté son premier Noël loin de ses proches à Marseille. Une première expérience difficile et pour ne pas rester isolée, Sara a finalement célébré Noël avec une amie équatorienne. Ce moment de partage lui a permis de retrouver une part de la culture qui lui manquait. Même si cette célébration ne ressemblait pas à ses Noël habituels, elle lui a apporté un certain apaisement et l’a aidée à se motiver moralement.
Elle a également assisté à la messe de Noël, un moment qui l’a profondément marquée par la chaleur spirituelle et le sentiment d’union qu’elle y a ressenti. Pour Sara, Noël en France garde un sens fort pour les chrétiens tout en étant célébré de manière ouverte, contrairement à l’Équateur où la dimension religieuse est centrale. La symbolique des bougies, représentant la lumière et l’espoir, l’a particulièrement touchée, même si certaines traditions de son pays, comme l’arbre, les cadeaux et le repas familial, lui ont manqué.
Son deuxième Noël, vécu à Paris, a été bien différent. Rapidement accueillie par une famille colombienne installée dans la capitale, elle a partagé les fêtes avec des amis français. Au travail, un repas convivial, ponctué de jeux et d’échanges de cadeaux, lui a rappelé l’esprit festif et animé des traditions équatoriennes.

