Une immersion culturelle

Je m’appelle Joséphine LANDOUER, j’ai 22 ans et je suis bretonne. En février 2020, je suis partie en Inde pour un Volontariat de Solidarité de 6 mois. Bien que ma mission ait été écourtée après seulement 2 mois, en raison de la pandémie mondiale du Covid19, je souhaite tout de même partager cette expérience très riche que j’ai eu la chance de vivre.

 

Mon arrivée en Inde

Avant de me rendre dans mon lieu de mission, j’ai passé trois jours à Pune dans la famille de ma belle-sœur indienne qui m’a gentiment accueillie. Dès mon arrivée, j’ai été immergée dans la culture indienne. La chaleur humide, une nouvelle langue, le monde, le bruit des klaxons et surtout, un trafic routier très dense ! Les voitures se frôlent à moins de deux centimètres, doublent par la droite, les rickshaws, les mobylettes sont partout et les bus bondés de monde, j’avais l’impression d’être sur une autre planète !

Ces premiers jours passés en Inde m’ont permis de m’adapter en douceur à cette nouvelle culture. J’ai découvert la vie urbaine indienne mais aussi la nourriture épicée et j’ai appris à manger avec ma main droite… J’ai également acheté des vêtements traditionnels type kurta (sorte de robes) et dupatta (foulard porté sur les épaules et la poitrine) obligatoires dans l’école où j’allais me rendre.

 

L’école

Après ces quelques jours, j’ai décollé, direction l’école de musique Kalkeri Sangeet Vidyalaya dans le sud de l’Inde. Là-bas, je devais aider dans la gestion des partenariats et la recherche de fonds nécessaires pour permettre aux enfants d’étudier gratuitement. Cette école n’accepte que les enfants des plus basses castes, qui habituellement n’ont pas accès à l’éducation. Ils y apprennent les arts traditionnels hindouistes en plus des cours académiques. 

 

Mon adaptation

En arrivant sur place, j’ai dû m’adapter à mon nouvel environnement. J’ai été très bien accueillie et agréablement surprise de voir que je n’étais pas la seule française. En effet, il y avait de nombreux autres volontaires, français, allemands ou encore canadiens… J’ai déposé mes valises dans une petite maison construite en terre dans laquelle j’ai vécu en compagnie de Méla, une autre volontaire allemande qui partageait ma chambre. Après avoir monté ma moustiquaire et installé mes affaires, je me suis glissée dans mon sac de couchage pour ma première nuit dans la jungle… 

Le lendemain, j’ai découvert les lieux et notamment les commodités très spartiates : la salle de bain (un robinet et un seau) et les toilettes (à la turque et sans papier)… Il m’a fallut un peu de temps pour m’adapter à ce confort limité. Contrairement à mon expérience en ville, l’école était située en zone rurale, c’était donc beaucoup plus calme. Il y avait de nombreux animaux sympathiques comme des singes, des oiseaux exotiques, des chiens et des chats mais aussi d’autres plus nuisibles comme des serpents, des scorpions et des rats. Les premiers jours je suis allée rencontrer les enfants et j’ai participé à quelques cours afin de bien m’intégrer et de faire connaissance avec tout le monde. 

 

Ma mission

Ma mission consistait principalement à aider ma collègue indienne Deepika, Coordinatrice des parrainages, dans différentes tâches administratives. Nous réceptionnions notamment les lettres des parrains et animions des sessions d’écriture avec les élèves pour les aider à répondre aux lettres de leurs sponsors (lire et écrire en anglais). Nous organisions aussi des interviews auprès des nouveaux élèves pour apprendre d’abord à les connaître puis à créer leur profil sur un logiciel de mise en page. Nous pouvions ensuite rechercher de nouveaux sponsors prêts à parrainer ces enfants, l’argent servant à financer leur éducation et scolarité.

Je pense que les échanges culturels que j’ai pu avoir avec les enfants, mais aussi qu’ils ont pu avoir avec d’autres volontaires internationaux, sont importants car ils leur permettent de s’ouvrir au monde et à d’autres cultures tout en leur donnant l’opportunité d’apprendre d’autres langues comme l’anglais.

J’ai également aidé l’organisateur à mettre en place des  »Jeux Olympiques de l’école », un évènement sportif pour les élèves. Et si, tout s’était déroulé comme prévu, j’aurai été en charge de l’organisation de la kermesse de l’école. Par ces événements, l’école encourage les locaux (professeurs, wardens, staff indiens) à s’organiser par eux-mêmes, à prendre des décisions et ainsi à se développer en mettant en œuvre des projets. Mais, malheureusement, ces projets n’ont pu avoir lieu car les enfants ont dû rentrer chez eux par mesure de sécurité face à la Covid-19.

Chaque jour, à 15 heures, c’était l’heure du « chaï », un mélange de thé, de lait et d’épices très sucré et super bon !

Dharwad, la ville la plus proche de l’école se trouvait à 45 minutes. Je m’y rendais souvent, en compagnie d’autres volontaires pour faire des courses et acheter des fruits au marché. Pour s’y rendre, il fallait trois quart d’heure de bus… Inutile de se doucher avant de partir… on sortait couvert de poussière et il fallait fermer la bouche pendant tout le trajet afin d’éviter d’en avaler ! A l’arrivée à Dharwad, j’appréciais le parfum des guirlandes de fleurs accrochées à tous les étalages des vendeurs de rues et l’odeurs des grillades des vendeurs ambulants. En plus du voyage sensoriel, le visuel était au rendez-vous avec les épices aux tons chauds, les costumes traditionnels aux motifs variés, les coloris des peintures des bâtiments et la diversité des légumes et fruits, les étalages du marché formaient une véritable palette de couleurs harmonieuses. Le brouhaha ambiant de la foule et des klaxons ainsi que la chaleur du soleil qui tapait m’immergeaient complètement dans la culture indienne. Et sur la route, on pouvait même croiser des vaches qui se baladaient en liberté.

 

Spiritualité

Concernant la spiritualité, étant catholique, il n’était pas facile de trouver une église au beau milieu de la jungle ! Heureusement, après de longues recherches, j’ai réussi à en trouver une à 45 minutes de bus et 20 minutes de marche ! Au final, je n’ai pu avoir la messe qu’une fois ! Il m’arrivait de temps en temps, d’échanger avec les enfants de l’école sur ma religion, en fait je portais toujours autour du cou, ma médaille de baptême où l’on voit la Vierge Marie et bien souvent les enfants étaient curieux et ne pouvaient s’empêcher de me poser la question « Who is she? Is it your God? ». C’est comme ça que j’ai pu partager ma foi et également en apprendre davantage sur la religion hindouiste.

Bien que nous n’ayons pas les mêmes croyances, nous avons un point en commun : Dieu. Nous avons également des valeurs communes comme la bienveillance et cela m’a fait réaliser qu’au-delà de nos différences culturelles, nous nous ressemblons car nous cultivons chacun, une vie spirituelle.

 

Holi, la fête des couleurs

Pendant ma mission, j’ai eu la chance de participer à la fête des couleurs, Holi !  La veille, Deepika nous a tous dessiné des motifs au henné (sorte de tatouage temporaire) sur les bras, une coutume avant les fêtes. Avec les volontaires internationaux et indiens, nous sommes allés à Dharwad en rickshaw pour la célébrer. Nous étions très excités, sur le chemin, le sol était multicolore ! Nous avons rencontré d’autres indiens qui étaient heureux de partager avec nous leur culture.  C’était très amusant de lancer des poudres de toutes les couleurs dans l’air !  J’ai un très bon souvenir de la fête cependant le retour a été moins joyeux…. Notre chauffeur de rickshaw avait bien profité et était complètement ivre… Sur le chemin du retour, il a failli nous tuer à plusieurs reprises… Il ne se rendait pas compte qu’il roulait beaucoup trop vite et plusieurs fois, nous avons évité de justesse de renverser le rickshaw ou encore de rentrer en collision avec des voitures, des mobylettes ou encore des tracteurs…. Petit conseil, si vous allez en Inde participer au Holi, ne prenez pas de rickshaw ce jour-là !

 

Anecdotes et choses qui m’ont marquées

  • J’ai eu la chance d’être invitée à un mariage, les filles de l’école ayant été invitées à réaliser une prestation de danse. C’était grandiose, plus de 1500 personnes étaient conviées ! Les mariés étaient réquisitionnés toute l’après-midi pour une séance photos et nous les volontaires sommes aller profiter des deux immenses buffets !
  • Un jour dans le bus, j’ai tendu mon argent au contrôleur pour acheter un billet, celui-ci n’a pas voulu le prendre… C’est alors que j’ai réalisé que je lui avais tendu l’argent avec ma main gauche ! Pour les indiens, cette main est considérée comme la main impure, la mains sale… Dès que j’ai compris, j’ai changé de main et là, sans aucun problème, il a accepté mon argent. Dans la culture indienne, beaucoup de chose ont des significations et en tant qu’étranger, il fallait toujours être attentif à nos actions.

Par exemple, le fait de toucher quelqu’un avec le pied peut être perçu comme un manque de respect, le pied étant la partie la plus sale du corps pour les indiens. Si ce cas de figure arrivait, il fallait vite s’excuser auprès de la personne concernée.

  • Enlever ses chaussures lorsqu’on rentre dans un magasin ou un restaurant !

 

Mon retour

Au final, j’ai dû rentrer après seulement deux mois de mission. En raison de la pandémie de la Covid19, l’environnement n’était plus propice aux étrangers et devenait même dangereux. Pour ne pas entacher la réputation de l’école, les volontaires ont dû rentrer dans leurs pays. Les enfants sont également retournés auprès de leur famille. Tout s’est fait très rapidement, de plus en plus d’avion étaient annulés, nous avons eu peur de rester coincés en Inde mais au final, nous avons réussi à partir avant la fermeture des frontières et à rentrer sains et saufs !