Le rapport à la mort

Céline

Infirmière

J’ai eu la chance de partir un peu plus d’an au Guatemala, où j’ai travaillé pour la fondation “Nuestros Pequenos Hermanos” en tant qu’infirmière auprès d’enfants vulnérables. Cette année au Guatemala a été pour moi, une grande expérience humaine ! J’ai pu y vivre pleinement la rencontre interculturelle. Une chose m’a particulièrement marqué : le rapport et la proximité avec la mort.

D’abord, il faut savoir qu’au Guatemala, la mort fait partie du quotidien. En plus des décès liés aux maladies, tous les jours, on peut apprendre la mort brutale de quelqu’un du village (accident de la route, chute, agression, etc…). Dans le cadre de mon volontariat, j’ai notamment pu travailler avec les pompiers et je me suis bien rendue compte que, là-bas, la vie est plus fragile qu’ailleurs.

Céline vaccine un enfant contre l'hépatite A. Il la regarde avec confiance.
Céline vaccine un enfant contre l’hépatite A.

D’autre part, toutes les personnes que j’ai pu rencontrer sont convaincues que lorsqu’une personne décède, son corps meurt mais son esprit continue à vivre au milieu des vivants. Je me souviendrai longtemps de ce que j’ai pu ressentir ce 1er novembre 2023, dans le cimetière coloré du village de Páramos. L’ambiance, loin d’être pesante, était plutôt joyeuse comme lors des fêtes de famille. Les familles étaient réunies auprès des tombes de leurs défunts, qu’elles avaient décorées pour l’occasion. Certains jouaient de la musique, d’autres partageaient un repas et les enfants jouaient en courant dans les allées du cimetière… Ce jour-là je me souviens m’être pas mal questionnée sur ma propre vision de la mort. L’expérience du volontariat c’est aussi ça, des prises de conscience et des questionnements sur nos façons de penser …

 

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