Assimiler demande du temps

Marie-Armel

Coordinatrice locale de programmes de santé, au Sénégal

En arrivant dans l’association au sein de laquelle je suis en VSI il y a un peu plus d’un an, je ne me projetais ni dans une mission à durée déterminée, ni dans une installation de longue durée. Je vivais l’instant présent, j’ouvrais grand les yeux et les oreilles pour découvrir et absorber cet univers qui m’était inconnu. 

Ce n’est qu’au bout de 5-6 mois que je me suis posé la question : et si je prolongeais ? 

 

Les raisons qui m’animaient étaient multiples :

– le temps était passé vite, trop vite et j’avais le sentiment de ne pas avoir achevé ma mission, ni qu’elle le serait au terme de mon année de présence 

– j’ai débuté un projet en arrivant, et il me tenait à cœur d’aller au bout de celui-ci

– j’ai acquis de nombreuses compétences, professionnelles et humaines, sans pour autant avoir tout intégré, tout maîtrisé. Rester me permet de les mettre à l’épreuve et de les approfondir 

– j’ai tissé des liens avec l’équipe locale et ils m’avaient fait part de la difficulté que cela représente pour eux de s’adapter à une nouvelle personne chaque année, une nouvelle façon de travailler. Un VSI qui reste est une stabilité précieuse et un facteur de progrès 

– enfin, j’ai beaucoup appris sur moi durant la première année de ma mission, mais je ne suis pas allé au bout de ce chemin. Revenir aurait été prématuré et ce processus personnel que j’avais entamé n’aurait pas pu être terminé lors de mon retour en France. 

 

Un an, c’est court. Beaucoup de changements s’opèrent et cela demande du temps pour qu’ils soient assimilés, tant pour la structure d’accueil que pour le VSI. Le meilleur moyen, selon moi, pour qu’ils se pérennisent est de prendre le temps de les ancrer.