Au Tchad, s’épanouir dans ses engagements

Vianney est en mission dans la ville de Mongo depuis 7 mois. Envoyé au Tchad auprès du Vicariat Apostolique de Mongo (un diocèse catholique), il occupe le poste de chargé de l’administration de l’évêque et responsable des projets en cours et de leurs suivis. En plus de ce poste, Vianney a pris peu à peu d’autres engagements bénévoles. Il nous partage sa joie de servir.

Prendre petit à petit ses marques au Tchad

La vie ici est loin de ce qu’on peut s’imaginer en France quand on parle du Tchad, ce pays est merveilleux !

Depuis peu j’ai décidé de prolonger de plusieurs mois ma mission. Cela était impensable au début, mais en vivant ici, je me suis senti à ma place et heureux. Dans la mission il y a un temps d’adaptation qui, une fois franchi, permet de vivre la mission pleinement avec plus d’aisance et de savoir, où on peut vraiment apporter et ce qu’on apprécie particulièrement. Au début on veut aller vite pour changer des choses, faire beaucoup, mais c’est en s’imprégnant de tout ce qui nous entoure, avec du temps, qu’on prend conscience de la réalité. Les choses ne sont pas si simples à mettre en place, si on veut que ça dure. Petit à petit l’oiseau fait son nid !

La vie au Tchad est très différente. Lorsque l'on part en mission de volontariat là-bas comme Vianney, il faut un petit temps d'adaptation pour comprendre et prendre part à la vie locale.

« Je me suis découvert une nouvelle passion »

Ce qui me fait vivre au quotidien et me rend heureux dans ma mission n’est pas mon activité principale pour laquelle je suis parti, qui est très utile, mais souvent un peu trop bureautique. C’est tous les « à-côtés » et mes engagements personnels. Cela comprend notamment les cours particuliers dans les internats de filles et garçons, les activités pour les jeunes, les visites dans les familles… C’est en m’engageant dans toutes ces choses que je me suis découvert une nouvelle passion : l’éducation, le relationnel avec les jeunes, mais aussi de profiter des petits moments du quotidien.

Vianney s'épanouit dans ses multiples engagements qui lui permettent de mieux découvrir la culture tchadienne et les Tchadiens.

Je suis parti dans un objectif de travailler et de donner de mes compétences en rapport avec les études que j’ai menées, cependant c’est sur des domaines nouveaux que je m’épanouis vraiment et que je me découvre.

Les activités ce n’est pas ce qui manque, plus je rencontre de personnes plus j’ai d’activité, il faut réussir à savoir ce qu’on peut et veut mettre en place dans sa mission, mais ces demandes m’ont permis de servir là où je n’aurai pas imaginé, et là où on avait aussi vraiment besoin de moi.

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Voir grand et ne pas avoir peur

En clair dans la mission il ne faut pas craindre de se créer aussi son univers, sa mission, tout en se laissant aussi porter par les réels besoins, car il y en a. Les fruits qu’on apporte ne sont pas là où on aurait imaginé au départ, il faut voir grand et c’est comme ça qu’on profite de sa mission et qu’on fait profiter les autres.

La mission me change

Beaucoup nous prennent pour des fous que ce soient mes proches au Tchad ou en France ; Partir au Tchad, ne pas gagner d’argent, faire de la moto pas forcément dans les règles, escalader les montagnes, vivre au rythme de la vie sur place. Et pourtant j’aurais été fou de ne pas partir, car en 7 mois j’ai l’impression d’avoir semé et récolté plus qu’en 5 ans sans être parti, et bien sûr, cela me permettra de faire de même en rentrant. La mission m’apprend à me découvrir et me change, pour le mieux !

Vianney voyage à moto sur les routes du Tchad.

Avec les Tchadiens, être unis dans la simplicité

Une image représente très bien ce que l’on vit ici dans sa simplicité, la natte (tapis en paille) :

Ici tout se passe sur la natte : on mange ensemble, on boit (de l’eau, du thé, de la bière local), on rigole, on discute, on dort, on danse… Bref la natte est le lieu de vie. Sur un si petit endroit, la vie de chacun est partagée !

Assis sur une natte et un tapis, Vianney et un autre volontaire partagent un repas avec des Tchadiens.

Une phrase que les personnes disent souvent est « Kounina sawa » (arabe tchadien) qui signifie « On est ensemble ». Quelles que soient nos origines, cultures, langues, religions, on vit ensemble, c’est notre point commun ! La vie est difficile et j’ai pu l’expérimenter ici, il faut se battre sans arrêt et on ne sait pas de quoi le lendemain est fait. C’est justement pour cela que les personnes savourent chaque moment, un peu innocemment, et chacun est proche de l’autre, c’est un besoin !

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Le volontariat est une aventure. A moto sur les routes désertiques tu Tchad, Vianney en fait l'expérience à fond !