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Clémentine et Paul ont été envoyés en couple en mission de volontariat à Madagascar. Diplômés en agronomie, ils ont rejoint un petit village de brousse où le français est peu parlé. Leur volontariat est donc pour eux l’occasion d’apprendre un dialecte malgache.

Nous habitons pour un an dans un joli petit village de brousse appelé Befoza. Ce lieu a été créé par les sœurs salésiennes il y a 30 ans avec pour objectif d’accueillir les enfants orphelins et les femmes dans le besoin. Aujourd’hui, Befoza est à la fois une école, une ferme, un dispensaire et un orphelinat ; tout cela géré par 6 religieuses généreuses et dynamiques.

Que ce soit pour nos missions de développement agricole ou d’animation des enfants, nous avons tout de suite eu besoin d’échanger avec les habitants du village, pour travailler ensemble et bien se comprendre. C’est d’autant plus important de bien communiquer que la culture malgache et la vie en brousse sont très différentes de ce que nous connaissons en France. Bien que le français soit une de deux langues officielles de Madagascar, il est très peu parlé et très mal compris là où nous sommes. Il nous a donc fallu nous plonger rapidement dans l’apprentissage du malgache, en ne nous contentant pas des formules de politesse, mais de mots utiles au quotidien, un peu plus chaque jour. Le malgache est une langue très différente des langues européennes dont nous avons l’habitude : essayez de construire une phrase quand le verbe « être » n’existe pas ! C’est une langue très imagée, avec des mots composés à décortiquer. Voici un exemple marrant : sotro = cuillère / rovitra = déchiré > sotrorovitra = fourchette (cuillère déchirée). Et on ne vous parle pas même pas de la prononciation « condensée » des mots où, parfois, presque toutes les voyelles sautent et où le mot à l’écrit que l’on a appris ne ressemble plus trop au mot que l’on entend ! Par exemple, misaotra veut dire merci et se prononce [mssôt’].

Paul et Clémentine ont été envoyés en mission dans un village de Madagascar où il y a un orphelinat.
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Heureusement, dès le début, nous avons réussi à créer du lien avec les enfants sur place, avec qui communiquer ne se fait pas qu’avec des mots, mais aussi avec des signes et des sourires. Ils nous ont aussi rapidement appris les mots de leur quotidien, de leur jeu, de leur univers. Avec les adultes, ça n’est pas aussi facile, le vocabulaire nous manque vite. Parfois, nous demandons aux sœurs de traduire, mais nous nous sommes vite rendu compte qu’avec 3 traductions et 3 interprétations, on perdait de la précision et du sens sur le message final… Un véritable téléphone franco-malgache !

Cet apprentissage a rapidement été fructueux. Nous étions très fières de faire une phrase ou de comprendre une question. D’un autre côté, cela nous a rapprochés des gens du village qui ont vu notre effort, en s’émerveillant au moindre mot malgache que nous disions. La timidité tombée des deux côtés, chacun fait aujourd’hui l’effort de baragouiner quelques mots dans la langue de l’autre. Accompagné de quelques signes, cela permet, la plupart du temps, de comprendre le principal ! Nous continuons chaque jour notre apprentissage de cette belle langue qui permettra d’approfondir nos échanges et nos relations avec les habitants de Befoza.

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Paul et Clémentine ont une mission de volontariat dans l'agronomie et notamment dans la gestion de l'eau.