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Après une mission de deux ans à Nkayi, petite ville du Congo Brazzaville, Marie-Aude a souhaité poursuivre son volontariat en découvrant un autre poste. C’est dans un village du pays plus isolé, Kingoué, qu’elle est directrice d’école depuis octobre 2023.

Dans le village de Kingoué, j’assure la direction de l’école Notre Dame du Bon Cœur, une école primaire et catholique qui compte 116 élèves répartis en 6 niveaux, du CP1 au CM2. Notre école a été créée, il y a quelques années par l’association italienne AMACO (Association Maison du Cœur), en soutien à l’école publique dont les salles sont surchargées, avec des effectifs de plus de 100 enfants par classe.

Des élèves de l'école Notre Dame du Bon Coeur lisent une histoire.
Des élèves de l'école Notre Dame du Bon Coeur étudient sur un ordinateur.

École publique et école privée : chercher l’équilibre

Mais l’école publique étant gratuite, elle attire davantage. Les écoles privées, comme la nôtre, n’ont pas d’autres ressources que les frais de scolarité payés par les parents. Ces frais s’élèvent à 3 000 FCFA par mois, que les parents peinent à nous verser régulièrement. Une meilleure répartition des enfants entre les 2 établissements permettrait à l’école publique d’offrir de meilleures conditions d’apprentissage avec moins d’élèves par classe, et à notre école de proposer des tarifs plus accessibles à tous. Mais nous rencontrons des difficultés à mobiliser les parents dans ce sens.

Nous essayons d’offrir à nos élèves un enseignement plus rigoureux et plus riche, et de nous différencier de l’école publique en proposant des activités telles que des cours d’informatique et une bibliothèque d’école.  Nous proposons également régulièrement des formations à nos enseignants.

Marie-Aude et l'équipe de l'école réfléchissent ensemble pour la formation des élèves.

La place du français dans l’enseignement

Au Congo, l’enseignement se fait en français, mais dans le quotidien, la population, et donc les élèves, utilisent beaucoup les langues locales (à Kingoué, le téké et le kituba). Les enfants doivent donc apprendre à lire et à écrire à partir d’une langue avec laquelle ils ont déjà parfois des difficultés à s’exprimer par oral.

Notre objectif est que tous les élèves sortent de l’école en sachant au moins comprendre ce qu’ils lisent et se faire comprendre quand ils écrivent. Malheureusement, un certain nombre d’élèves congolais passent au collège sans avoir acquis ces bases. Un nombre d’enfants limité dans chaque classe permet un accompagnement plus personnalisé.

Ma mission consiste donc à accompagner les enseignants pour que les élèves qui auront passés toute leur scolarité dans notre école maitrisent correctement la lecture et l’écriture à la fin de leur scolarité.

A RETROUVER – le témoignage de Marie-Aude sur son premier lieu de mission
Des jeunes et des femmes transportés dans un camion benne.