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Envoyée avec son mari en VSI, Géraldine décrit son expérience au Congo Brazzaville et sa mission au sein de l’espace JARROT.

Je suis arrivée à l’Espace Jarrot, à Brazzaville, en tant que directrice en septembre 2023 pour une durée d’un an. Sur place je vis avec mon mari qui, cependant, effectue sa mission chez un autre partenaire. C’était notre choix de ne pas réaliser la même mission mais sa présence m’est précieuse pour vivre plus sereinement cette belle mission qui s’avère parfois épuisante.

L’espace Jarrot

L’espace Jarrot est un lieu qui a 2 fonctions ; d’un côté, il s’agit d’un centre d’hébergement où vivent, toute l’année, 24 garçons âgés de 8 à 22 ans. Ces garçons sont orphelins, ou ont été abandonnés par leur famille. Ils retrouvent donc à Jarrot une stabilité ; ils sont scolarisés dans les écoles du quartier et espèrent parvenir à un avenir meilleur.

De l’autre côté, l’espace Jarrot est aussi un centre d’accueil de jour. Au sein de celui-ci sont pris en charge des enfants qui sont encore à la rue et qui viennent prendre un repas, se laver, laver leurs vêtements et échanger avec des éducateurs.

Le but des éducateurs est de tenter de les réinsérer dans leurs familles car beaucoup d’entre eux sont à la rue car ils ont été chassés. En effet, ici beaucoup de familles croient au phénomène des enfants « sorciers » et de nombreux enfants sont accusés de sorcellerie et jetés à la rue.

Mon quotidien sur mon lieu de travail

Ce portrait pourrait laisser entendre que le quotidien à Jarrot est lourd et triste mais en fait pas du tout !

C’est vraiment ça que j’apprends ici, tous ces enfants sont une source d’émerveillement de chaque instant. Alors même que tout est compliqué ; aussi bien leurs histoires chacun, que notre quotidien car il faut se battre pour tout et notamment pour trouver l’argent pour faire fonctionner le centre Jarrot. De plus, tandis les conditions de vie de ces enfants nous paraissent presque intolérables, ils ne se plaignent jamais, et trouvent leur joie dans des petites choses.

Depuis plusieurs mois, quand les enfants du centre d’hébergement rentrent de l’école en début d’après-midi, je mets ma casquette de directrice de côté pour devenir « Maman Gégé » et juste passer des bons moments avec les enfants. Grâce à eux je suis devenue championne de Monopoly, experte en jeux de cartes et je les aide même à faire leurs devoirs car beaucoup ont un grand retard scolaire.

Apprendre à lâcher prise

A leurs côtés, j’apprends à lâcher prise sur beaucoup de choses … je comprends que même si j’échoue à obtenir telle ou telle chose pour améliorer leur quotidien, eux se focaliseront sur ce qu’ils ont déjà.

Au début de mon séjour ici, on m’avait dit que les Congolais étaient des personnes dans « l’être » et non dans le « faire » … eh bien, même si ce n’est pas naturel pour moi, chaque jour j’essaie d’apprendre un peu plus à penser comme eux.

Géraldine prend un selfie avec ses collègues et ses élèves
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