De la communication à la communion, l’expérience de fraternité de Chloé

Formée en communication, Chloé a voulu s’engager dans un volontariat pour approfondir ses compétences en les partageant et en les mettant en pratique. Elle a été envoyée en mission en Équateur auprès d’une radio communautaire. Elle nous livre son expérience.

L’an dernier, avant mon volontariat, je terminais une licence d’information et de communication à Lille. Mes études m’ont permis de développer l’envie de comprendre ce qui se passe autour de nous, dans le monde. J’y ai acquis des clés de compréhension pour savoir où me mettre au service intelligemment. Je me suis tournée vers le volontariat en rentrant d’un semestre à l’étranger en janvier dernier. J’avais le désir de partager de nouveau avec des personnes d’une autre culture que la mienne mais plus concrètement, autour d’un projet commun. A côté de cela, mes stages, les séjours de vacances que j’ai animés, m’ont montré que j’aimais travailler au contact des gens et que cet aspect n’était pas assez présent pour moi en communication. Le volontariat m’offrait donc un espace pour expérimenter et approfondir un peu plus ce que je ressentais à l’issue de ces 3 ans.

EN MISSION AU SEIN D’UNE RADIO LOCALE POUR LES INDIGÈNES

Actuellement, je suis volontaire auprès d’une radio communautaire locale en Équateur, La Voz de Guamote, en tant que communicante sociale. La radio a été créée il y a 21 ans, elle fait partie d’une fondation jésuite qui elle, a une cinquantaine d’années : Fondation Action Intégrale Guamote. La radio a pour vocation de servir les quelques 4000 habitants du canton et notamment les 175 communautés indigènes présentes sur ce canton. Elle souhaite apporter à la population locale un espace médiatique qui lui appartient, dans lequel elle peut s’exprimer. Les programmes radio, le contenu des émissions sont véritablement au service de cette population, de ce qu’elle aime, de ce qui l’intéresse, de ce dont elle a besoin et mettent en lumière les projets qui font avancer ce canton vers le « progrès ».
En tant que volontaire, je les aide surtout sur la partie technique, sur les réseaux sociaux, leur site internet, pour les photos et les transmissions en direct. La barrière de la langue fait qu’il est plus rare pour moi d’intervenir directement sur les interviews, mais mon espagnol s’améliore ! J’ai dernièrement apporté ma participation pour le programme « Nuestra identidad » (notre identité). Il parait sous forme de mini reportage de 5 min chaque mois et consiste à recueillir les témoignages des anciens d’une communauté pour garder en mémoire ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils connaissent de la communauté, son histoire. Je suis marquée notamment par leurs partages sur le temps des haciendas avec la colonisation espagnole. Le projet prend tout son sens avec ces témoignages.

Chloé, en mission de volontariat en communication, enregistre un vidéo avec trois femmes équatoriennes.

UNE RÉELLE EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE

Cette mission de volontariat est une réelle expérience professionnelle après mes études en communication. Je mets en pratique ce que j’ai appris (gérer les lumières pour une photo, créer des posts pour les réseaux, etc.), j’approfondis certains sujets (alimenter un site internet), j’apprends à faire avec l’imprévu – qui est très présent dans le contexte culturel dans lequel je me trouve. J’expérimente la vie d’ équipe.

La mission confirme mon besoin

de travailler auprès des gens

La mission, qui se déroule auprès d’une radio, me permet cette rencontre avec les gens de la localité. A travers les interviews, les reportages, transmissions, etc., j’ai l’occasion d’écouter le quotidien des gens, leurs joies, leurs inquiétudes et de créer parfois du lien avec certains. Je suis attachée aussi au lien qui se crée avec l’équipe de la radio et de la fondation, au travail mais aussi en dehors du travail. La mission m’éclaire sur mes études parce qu’elle confirme mon besoin de travailler auprès des gens, au plus proche de leur quotidien. Cela m’amène à me réorienter en ergothérapie en septembre.

Chloé, en mission de volontariat en communication, prend la pose avec deux autres personnes avec le logo de La Voz de Guamote.

UNE EXPÉRIENCE DE FRATERNITÉ

En ce moment, l’Équateur se prépare à recevoir le 53ème congrès eucharistique international à Quito, sa capitale, en septembre. Le thème de ce congrès : « la fraternité pour soigner le monde ». Je crois que ce thème résume ce que je peux trouver ici, dans le comportement des gens entre eux, par leur vie en communauté, leur façon de partager. C’est quelque chose avec lequel je souhaite repartir.

J’appartiens à ce peuple en marche 

Je retiens un moment de la semaine sainte, pendant une procession, un soir. Nous étions tous dans le noir avec nos cierges à la main. Je ne connaissais pas les trois quarts des gens et pourtant j’avais vraiment cette image d’Église, de Corps du Christ devant moi, en route : un véritable peuple en marche ! J’étais touchée de me dire que tout ces gens sont mes frères et sœurs en Christ et que j’appartiens à ce peuple en marche. Cela donne de la force et de l’espérance de se savoir membre de cet ensemble.

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