A Fianarantsoa, quand les déchets servent à restaurer les sols

Connu en France pour ses conteneurs de dons de textile, Le Relais est présent à Madagascar depuis 2008 où différents projets entrepreneuriats ont pour objectif commun l’insertion par le travail. Depuis 2013, l’activité FAKOFIA consiste à collecter et valoriser l’ensemble des déchets ménagers de la commune urbaine de Fianarantsoa, avec pour pari d’en faire une ressource pour l’agriculture. En mission de volontariat de janvier 2021 à février 2022, Aline a pu apporter son expertise au Relais pour prendre part à ce beau défi.

En mission de volontariat à Fianarantsoa, ville des hautes terres de Madagascar, Aline a été marquée par la déforestation galopante causée par l’agriculture sur brûlis et les coupes pour produire du charbon de bois, combustible utilisée quotidiennement pour cuire le riz. La saison des pluies, attendue au plus tard fin octobre, n’est arrivée que mi-décembre. Seule une pluie provoquée mi-novembre a forcé quelques gouttes d’eau. En 2021, le programme alimentaire mondiale (PAM) a considéré que le grand sud de Madagascar était la première région du monde confrontée à une détresse alimentaire liée au changement climatique. Les deux cyclones qui ont frappé la côte sud-est du pays en février 2022 n’ont fait qu’aggraver cette situation.

Revitaliser les sols est plus urgent que jamais. A Fianarantsoa, les décharges sauvages qui se multiplient à l’extérieur de la ville ont l’effet inverse. De plus, à la recherche de fertilisant, les paysans rachètent les déchets ménagers pour les répandre dans leurs champs. Le tri sommaire effectué, ne suffit pas pour retirer de la manière organique les déchets plastiques et autres polluants. Les sols usés se retrouvent ainsi pollués, et par conséquent, la nourriture produite aussi.

Depuis 2013, Le Relais, collecte et valorise 30% des déchets ménagers de la ville. Déposés par la population dans des bacs maçonnés, les déchets sont récoltés et acheminés jusqu’au centre de tri et de valorisation des déchets, pour y être triés à la main afin d’en extraire la matière organique compostable. Sur la plateforme, les andains, ces tas de quatre mètres sur quatre mètres pour deux mètre de haut, sont retournés trois fois. Ainsi, les agents pathogènes ne survivent pas à la température du compost qui dépasse 60°C pendant plusieurs mois. Autre différence avec les déchets utilisés directement par les paysans, le compost est tamisé pour en retirer les derniers restes de plastique et de charbon de bois. Ce compost certifié bio peut alors servir de fertilisant naturel et propre aux paysans.

Au moment de l’arrivée d’Aline, la plateforme était saturée. Forte de son expertise acquise pendant cinq années dans la gestion des déchets en France, elle a mené durant sa mission une réorganisation du travail, œuvrant pendant des mois pour libérer de la place sur la plateforme et mieux organiser le travail afin d’augmenter l’efficacité des équipes. Si l’objectif a été atteint, la sécheresse a ralenti la fermentation du compost qui nécessite de l’eau, conduisant à une nouvelle saturation. Pour Aline, le constat est clair : il faudrait augmenter la taille de la plateforme.

Forte de cette expérience et désireuse de vivre à Tananarive pour des raisons personnelles, Aline a rejoint une autre entreprise dont l’ambition est d’offrir de nouvelles solutions de gestion des déchets aux entreprises. Ces dernières sont de plus en plus nombreuses à demander des solutions plus propres, une dynamique qui encourage Aline.