Un Documents Épiscopat sur le volontariat !

Couverture du Document Episcopat

A l’occasion de ses 50 ans, la DCC s’est vue confier la publication d’un numéro de Documents Episcopats. C’est une publication importante destinée notamment aux évêques et aux équipes pastorales dans les diocèses. Un ouvrage à découvrir signe d’une reconnaissance de son action et de sa mission !

Pierre était volontaire à Madagascar en 2015 et 2016. Il a écrit sur le parcours du volontaire dans ce livre. En voici un extrait :

« Etre volontaire de solidarité internationale est une expérience déterminante dans la vie de celle ou celui qui a fait le choix de ce beau voyage. le cheminement initiatique, la mission qui en est la sève, et le retour au pays où l’on veut faire grandir ce qui a été reçu, sont des ruptures extérieures qui façonnent durablement l’intérieur,
l’âme ductile devenue partiellement autre…

Il n’y a pas de destin tracé du volontaire. Si entre eux, ceux qui sont revenus sont toujours heureux de partager des anecdotes semblables sur leur pays de mission, de se rejoindre dans un même esprit, ou de remarquer leurs vues complémentaires sur le cours des choses, il reste toujours pour chacun l’essentiel qui n’a pas été dit, le plein d’une aventure particulière qui a affermi la densité de ce qu’ils sont.

Voilà alors le paradoxe d’une telle expérience : si partir un an ou deux en mission dans un pays vraiment différent du sien est essentiellement affaire de changements en tous genres – lieu de vie, travail, culture, relations humaines, habitudes, façons de voir, manières d’être et de faire, etc. – déplaçant ou bouleversant parfois le volontaire, il n’est pas certain que le résultat soit une égale rupture entre la personne qui est partie et celle qui est revenue. Bien plutôt, l’on pourrait parier qu’il y a toujours continuité, mais de cette continuité que le poète Pindare avait saisi d’une formule : « Deviens ce que tu es » et que le volontaire peut exprimer ainsi : « Je suis plus celui que j’étais en partant. »

Alors différent ? Oui ! Changé ? Non!
Avoir été volontaire de solidarité internationale ne change pas ce que l’on est mais nous façonne. L’intensité des épreuves traversées et des accomplissements vécus dans une telle expérience porte à l’incandescence l’âme et la modèle comme du verre soufflé. Cette intensité est due à l’autre qui, peu à peu, m’habite, m’interroge, m’indigne, m’émerveille. Cet autre, vulnérable dans sa pauvreté que je rencontre dans la mienne, engagé sans repère et au service de celui que je ne connaissais pas il y a peu mais qu’aujourd’hui, simplement, j’aime. C’est ce souffle qui me pousse en avant au retour, qui me conduit à ne pas me contenter de frontières confortables, et à devenir, toujours, un peu plus grand en amour. »