Une vigile de quatre heures

Yolande,

responsable pédagogique et chef de projet BTP en République démocratique du Congo

Une veillée pascale de deux heures, mais c’est beaucoup trop court ! » s’exlamait une étudiante congolaise quand j’évoquais la liturgie en France. En République démocratique du Congo, la vigile pascale peut joyeusement dépasser quatre heures. Que répondre ? La réponse facile, « c’est sûrement une différence de cultures », ou celle honnête, mais qui me gêne, « ça me suffit bien » ?

Malgré mes efforts, ma foi ne me paraît pas assez forte pour rester concentrée et prier plus d’une heure. Ici, beaucoup de gens ont « la foi du charbonnier ». Difficile, alors, d’expliquer que certaines parties de la messe ne me parlent pas. Pourtant, si je suis partie en volontariat, c’est grâce à ma participation aux offices, les seuls moments de mon quotidien où mon projet de départ me paraissait alors réalisable.

J’essaie donc de continuer à aller régulièrement à la messe pour remercier Dieu de cette expérience et lui demander son soutien. Et même si je regarde beaucoup la pendule, car les églises congolaises ont dans le chœur des pendules qui indiquent le temps écoulé mais pas celui restant, je me dis que Dieu travaille en moi autrement.

Témoignage publié dans Prions en Église, en partenariat avec Bayard Presse