Combiner joie et silence, en Guinée

Stéphanie,

volontaire en Guinée Conakry

Vivre un volontariat en Guinée nous amène à découvrir une autre façon de pratiquer sa foi. C’est le principe de l’inculturation : l’Évangile et la culture s’entremêlent. Dans ce pays, les traditions sont mises au service de la liturgie. Lors des jours de fête, les habits et les instruments traditionnels sont de sortie. Jouer de la musique et danser est la façon locale de rendre hommage et d’adorer.

En revanche, les temps de silence sont rares. « L’Africain ne veut pas rester seul, dans le silence », m’explique un jeune prêtre guinéen. « Il a besoin d’exprimer sa joie, de danser, de chanter avec les autres. Sa foi n’en est pas moins profonde, c’est simplement une autre manière de la pratiquer. Au contraire, un Occidental chrétien a besoin de moments de silence recueillement. »

Certains prêtres guinéens mènent aujourd’hui une véritable lutte en faveur du silence. Ils saisissent l’importance des temps de recueillement mais ces temps ne sont pas simples à promouvoir auprès d’une population qui n’en a pas l’habitude. L’idée n’est pas de tirer un trait sur les traditions mais de les compléter avec une façon plus personnelle de vivre sa foi afin de mieux l’ancrer.

Témoignage publié dans Prions en Église, en partenariat avec Bayard Presse