Jean-Philippe

professeur de français

Arrivés dans les Hauts Plateaux près de Dalat vers 4 heures du matin, la messe nous attend à 5 heures comme c’est l’habitude au Vietnam. Les verdoyantes collines de café cultivé émergent des brumes matinales. La famille de mon ami Khoa nous accueille pour le petit-déjeuner.

Puis nous rejoignons les jeunes agriculteurs du village à leur assemblée générale annuelle : il s’agit de décider de la cotisation pour offrir à tous une « caisse d’assurance » en cas de pépin. Glissée entre deux fermiers, une sœur oblate de l’Assomption nous propose de passer l’après-midi avec elle. Elle doit rendre visite aux K’Ho, une petite ethnie à part, pour leur souhaiter une excellente nouvelle année lunaire. Nous voilà partis en moto sur la piste de terre qui nous relie à leurs villages. Leurs sourires, radieux, nous accueillent tout de suite, et leurs mains écorchées de travailleuses déposent délicatement sur nos épaules des colliers de perles colorées. Ce geste est fait avec tant de respect et de douceur qu’on y perçoit le sacré, comme on perçoit d’un parfum son odeur.